La lettre de rupture
- Diane Sakakini Bulle de Plumes

- 24 sept. 2020
- 2 min de lecture
Et vous, avez-vous déjà écrit une lettre de rupture ?
Voici l'exercice proposé par Bulle de Plumes, en 15 minutes. A vos stylos!

Mon amour,
Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit une lettre. Avec ses réseaux sociaux, ses sms, emails et autres vecteurs d’information, plus personne n’a l’habitude de lécher son enveloppe ni de coller un timbre !
Donc si je t’écris sur papier, tu te doutes bien que c’est important !
Je pense que la dernière fois que je t'ai écrit une lettre, c’était quand j’étais en vacances, loin de toi. Te souviens-tu ? Les Seychelles, seule. Un rêve que je m’étais autorisée avant de changer de travail, alors que tu étais obligé de rester à Bordeaux pour le salon annuel du vin.
J’en avais profité pour te décrire les plages à perte de vue, le soleil brûlant, la mer turquoise et son étendue aux bleus délicats, ses couchers de soleil rouge flambant qui faisaient ressortir les silhouettes des palmiers… Tu n’étais pas à mes côtés… Je te dressai mon désespoir d’être seule.
Et bien, cette fois encore, je suis seule, loin de toi. Mais pas désespérée. A l'époque, j’avais omis de te raconter ma rencontre avec les autochtones, des gens chaleureux, familiers, amicaux. Des hommes et des femmes à la peau bronzée et au blanc sourire. Des corps musclés, de ceux qui vivent en harmonie avec la nature.
J’avais volontairement oublié de te parler de Joshua, cet homme qui venait tous les jours à ma rencontre, dans un coin discret de la piscine à débordement. Nous avions échangé de manière anodine, comme le font souvent des touristes à l’autre bout du monde. Travail, famille, projets…
Et toi, as-tu de nouveaux projets ?
Car moi, j’en ai un qui fourmille dans mon esprit depuis vendredi dernier, depuis que je suis repartie en vacances, de nouveau sans toi.
Cette fois-ci direction l’Italie, et l’eau verte vénitienne, ses canaux décorés de sucres d’orge géants, ses « canottieri » aux marinières éclatantes qui chantent l’amour…
L’amour, parlons-en. Je ne sais pas si le voyage me met dans de nouvelles dispositions, mais je suis amoureuse. Oui, Jean-Pierre. Amoureuse, et finalement pas si seule.
Si je t’écris cette lettre, c’est que je suis avec Joshua, et que je ne rentre pas. Je ne reviendrai plus car je ne t’aime plus. Je suis désolée pour toi, pour nous. Mon voyage dans la vie continue sans toi.
Voilà, je t’embrasse, en espérant que tu me pardonneras.
Victoire




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